29 septembre 2015

Le franchouillard part 4 – Breaking Bad DIF…

Son sang ne fit qu'un tour. Notre ami, outré de tant de basses manœuvres d'un général sans étoiles, prit conseil. Avait-il un ami avocat, une assistance juridique liée à son assurance ? Nul ne sait. Il prit sa plume et adressa un recommandé avec accusé de réception demandant de pouvoir utiliser son DIF. L'accusé hitler prit réception de la lettre et en fut fort marri. La réponse, cinglante, revint avec le double effet bien connu d'une marque de pastilles rafraichissantes : une lettre polie le renvoya dans ses 22 mètres en lui disant que sa formation lui était refusée, comme la loi y autorisait l'employeur ; une convocation dans le bureau de hitler pour lui faire comprendre que, désormais, il n'avait plus aucun avenir dans la ferme, pardon la firme (ne pas confondre avec Animal Farm, d’Orwell, qui semble de la rigolade à côté de notre firme aux animaux).

Et oui, ici on se fiche bien des compétences et spécificités de chacun, qui font la richesse d'une entreprise. On veut du bétail qui avale son bon grain et produit du bon lait ou de la bonne viande.

Les excréments serviront à faire de l'engrais.

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22 septembre 2015

Le franchouillard part 3 – No DIF…

Notre ami qui souhaitait bénéficier de sa formation a voulu se perfectionner en anglais. Voyant qu'il se faisait balader par la responsable de formation impuissante et par la commission « formation » fantoche, il a vivement réagi au bout de 6 mois et 6 oublis de traiter la demande en tentant de savoir pourquoi son cas n'était jamais instruit. La pauvre petite responsable formation ne sachant quoi lui répondre, il a vite compris qu'il lui fallait escalader par une autre face le pic de la Mirandole.

Il a tenté de rencontrer des associés puissants qui se sont renseignés pour lui sur le sujet. La réponse fut cinglante et sans appel : ici on estime que les consultants doivent parler parfaitement anglais. Si la brèche de la formation d'anglais est ouverte – c’est-à-dire si on accepte pour un - tout le monde va s'y engouffrer. Et, de manière plus générale – disons carrément totalitaire – il n'est pas souhaité que les salariés usent de leur droit à DIF. Bref, laisse tes heures au placard, accumules 120 heures et ne demande pas ton reste. De toutes les manières, on fera passer tes droits à DIF dans des formations internes bidons ou tu ne resteras pas longtemps dans la firme et iras donc dépenser ta formation ailleurs.

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15 septembre 2015

Le franchouillard part 2 – Of course !

La commission formation se réunit tous les mois, sous la présidence omnipotente et ventripotente de notre désormais bien connu ami hitler en personne (ou plutôt himself). Cette commission dure une heure et 15 minutes, pas une de plus car monsieur n'a pas le temps de traiter les sujets subalternes - dont il veut toutefois garder la maîtrise, en témoigne sa présidence de la commission. Il traite donc, d'une main de velu dans un gant de fer (et surtout pas l'inverse), les demandes de DIF dans les 5 dernières minutes de la réunion.

Et que pensez-vous qu'il advienne à chaque séance de ces 5 dernières minutes si précieuses ? Elles sautent, tout simplement ! Et oui, monsieur n'a plus le temps et quitte la salle en avance, vu son emploi du temps surchargé. Les autres membres, habitués, tétanisés, vidés de tout pouvoir de décision, terminent poliment la réunion « pour la forme » en sifflotant jusqu’à l’heure de fin prévue, l’un des associés pétant en pensant au repas, la responsable de formation secouant nerveusement son stylo en pensant à la liste de cours qu’elle venait de se prendre, tous abandonnant le sujet du DIF et en laissant 5 minutes d'avance dans les couloirs à notre gourou-tiran.

Le coup du DIF est d’un tordu, du coup le DIF est cou-tordu !

C'est bien simple, la politique de l'entreprise est de ne pas répondre favorablement aux demandes de formation.

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30 juin 2015

Harcèlement moral

La marge est grevée par une importante provision pour les « affaires courantes », entendez par là le règlement des cas critiques. Vous vous souvenez de la caisse du MEDEF visant à « fluidifier les relations sociales » ? Il s’agit en gros de la même chose, mais d’une autre manière. Ici point de syndicat pour jouer les intermédiaires, les relations sociales sont gérées directement avec les consultants en perte de vitesse ou qui n'atteindront jamais leurs objectifs individuels.

 

Les erreurs de casting, si vous préférez.

 

Le traitement de leur cas prend du temps. Beaucoup de temps. Tout est mis en oeuvre pour les pousser au départ avec les économies qui s'imposent ou payer « vite et bien, sans esclandre » tous les cas difficiles, voire franchement rebelles, avant qu’ils ne fassent trop de bruit.

 

Hitler est excellent dans le domaine de la fluidification des relations sociales. Sa technique est très simple : sanction financière à l’époque des bonus ou convocation de l’impétrant pour qu’il comprenne. Le consultant rejeté reçoit un discours « langue de bois » sur son avenir, qui s’annonce très bien dans la firme, vu qu’il va se pousser, mettre son pied dans des portes et être reconnu à sa juste valeur. Un jour, peut-être, mais pas chez YI&Y.

 

Son sort est en effet scellé. Hitler a déjà donné ses ordres. Cela se résume à un mot très simple : harcèlement moral. Ses supérieurs doivent pousser le consultant à bout ou à la faute. Lui balancer tous les sujets pourris, en dernière minute de préférence, sans informations précises, même des tâches subalternes alors qu’il est surqualifié. Et, à petit feu, l’user et le forcer à démissionner. Les techniques sont variables en fonction du zèle de certains (notre ami le chocoteux est pour cela très bon). Certains alternent périodes de placard (sans rien à faire) et de surcharge. Il paraît que ça peut marcher.

 

Comment prouver alors qu’il y a harcèlement moral ? C’est impossible.

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03 février 2015

il a des sosies

Comme tout bon dictateur, hitler (avec un "h" minuscule) a des sosies. Même allure générale, même embonpoint et le costume qui flotte avec, une tête solidement fixée sur un cou un peu large et une attitude de senior impressionnant. Cependant aucun n'a la même tenue dans le temps. Beaucoup d'entre eux, croisés dans les couloirs et sosies sans le savoir, ne jouent aucun rôle, contrairement à notre hitler. Aucun n'affiche ce sourire de façade faussement sympathique et indiquant qu'il est prêt à vous faire un sale coup. Aucun n'agite aussi bien les pans de son costume dans sa démarche de semi-balourd. Son costume est d'ailleurs trop large, c'est dommage pour quelqu'un qui a autant de moyens... C'est certainement en prévision des bons repas et des profits qu'il fera encore sur le dos des autres qui vont l'engraisser.

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Les pires de ses sosies sont ceux qui ne lui ressemblent pas physiquement. On n'a pas peur quand on les croise, ils se laissent même aborder mais nous prennent en traitre quand on s'y attend le moins, après nous avoir mis en confiance. Tous tentent d'égaler le maître dans la tactique et dans les attitudes. Aucun n'y parvient et très peu sont en mesure de produire le même effet que lui.

Bref, aucun n'est aussi con, à bien des encablures du maître.

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13 janvier 2015

Où est passé Charlie ?

Le führer se leva. Autour de l’immense table de la salle du Conseil, des consultants de tous grades besognaient sur la stratégie à appliquer pour reconquérir un compte qui avait signifié la fin de sa collaboration avec le Big. L’assistance n’en menait pas large.

hitler, parcourant alors la salle d’un sombre mouvement de balayage, mitrailla du regard la totalité des personnes assises. Ceux qui avaient le dos tourné purent sentir, juste avant la fin, la soudaine disgrâce qui les frappait.

hitler cria ensuite : « je ne comprends pas, quand je suis en réunion avec vous, personne ne pose de question, personne ne propose d’autres solutions… Etes-vous tétanisés en ma présence ? »

Le silence, oppressant, parcourut les fauteuils tout confort. Tous étaient abattus.

L’un d’eux – un survivant inconscient probablement – émit un petit son étouffé.

On entendit le sifflement qu’il fit : « je suis Charlie. »

Charlie

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25 novembre 2014

ximler

pour fêter son millionième (on se demande quoi), le Big4 vous a offert deux indices.

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07 octobre 2014

La réunion de motivation - 3

Le cocktail qui suit laisse enfin place à la détente. hitler circule entre les consultants se bousculant pour quelques petits fours alors que le champagne coule à flots. Tout le monde se pousse pour lui laisser place et il en profite pour prendre des nouvelles des sujets chauds auprès des uns et des autres. Autant dire que s’il ne vient pas vous parler, c’est que vous êtes un blaireau qui ne traite aucun sujet important. Je me rappelle ma vaine heure de gloire quand il est venu me demander où en était une proposition commerciale. Comme un bon chienchien, je me suis mis à frétiller de la queue, fier de pouvoir me mettre en valeur.

Là, au milieu de tous ceux qui semblaient dominer le monde, je lui ai répondu que le chocoteux devait la relire et l’envoyer au client, mais que je n’avais pas de nouvelles. Il ne m’a pas laissé longtemps la possibilité de lui renifler de derrière et m’a aussitôt intimé l’ordre d’aller demander au chocoteux de se manier le derche pour éviter de laisser le client attendre indéfiniment la propale.

Sur ces mots il a tourné le dos sans aucune formule pour prendre congé et je suis reparti avec une délicate mission à accomplir.

Sympa le cocktail.

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30 septembre 2014

La réunion de motivation - 2

La réunion commence avec une demi-heure de retard et je suis placé au fond pour admirer les styles de ceux qui défilent, encore plus en retard. Il y a l’essoufflé surchargé de travail et accablé par la charge de son PC, il y a le calme qui fait semblant d’assurer, il y a aussi celui qui fait semblant de revenir d’une pause cigarette à l’extérieur.

hitler a entamé son monologue de présentation des chiffres. On ne parle que des noms des consultants – haut gradés - arrivés et jamais de ceux qui partent ; on annonce un chiffre d’affaire et une marge, un prévisionnel et on est réaliste sur la qualité des chiffres pour fournir les orientations : il va falloir se retrousser les manches et donner encore plus.

Viennent enfin les questions. hitler laisse la réponse à d’autres associés qui co-animent la réunion lorsque le sujet n’est pas trop sensible. Il rajoute toujours une petite touche pour avoir le dernier mot. Lorsque le sujet est bien sensible, du genre « quel sera le niveau de bonus cette année ? », hitler garde la main et joue à deux vitesses (de Hummer).

Premier mode : deux roues motrices. « Les associés seront les premiers à se serrer la ceinture » (traduire : les associés garderont leur niveau de rémunération et il va falloir presser le citron des consultants pour conserver un tel niveau somptuaire).

Deuxième mode : six roues motrices pour mieux écrabouiller les minables. « Je vous rappelle que c’est à vous d’aller au-devant du client, de détecter les opportunités et de nous les remonter, de véhiculer l’image de la firme, bla bla bla ». Traduction : arrêtez donc d’être si humains et devenez des robots. Si je pouvais tous vous remplacer par des clones de mon auguste personne, ce serait bien mieux.

 

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10 juillet 2014

Du bon jovial

J'atteins rapidement le bureau du directeur du pôle, sorte de ventre énorme sur un corps à peu près aussi large que haut témoignant autant de son coup de fourchette que du volume de son carnet d'adresses. Volume, à défaut de qualité qui lui aurait certainement permis de manger plus diététique lors de ses repas d'affaires, d'avoir certainement de meilleures relations en laissant un peu de soupe pour les autres.

Son regard sourit mais je sens que tous ses radars et scanners me sondent et me placent déjà dans des cases où les euros viendront le récompenser de m'avoir embauché. Je ne le sens pas du tout mais tente neanmoins de sortir mon air jovial, celui qui mêle la fausse humilité à l'empathie (spongiforme) et à la fausse sincérité, celui qui m'a permis d'obtenir 20 à l'oral d'anglais alors que le professeur hésitait à me laisser à 18.

Comme il se lève de son bureau, je crois qu'il va venir vers moi pour m'accueillir et je fais le chemin vers lui et, comble de l'ignorance – erreur monumentale - je lui tends la main ! Je lis sur son visage le viol dont je viens de l'outrager alors qu'il se levait pour simplement ranger un dossier dans son armoire et certainement se donner une contenance alors que j'entrais dans son bureau.

SACRILEGE ! Tu oses toucher un dieu vivant, l'homme qui porte des millions d'euros de chiffre d'affaires, celui qui a la plus grosse... voiture (mais pas la plus longue).

Habitué et magnanime, le gourou produit alors un véritable sourire de comédien d'une pièce de Molière face à un clystère, alors qu'il m'empoigne et me broie mes «five » : « tu sais ici, je te serre la main deux fois : le jour de ton arrivée et celui, le plus tard possible j'espère, de ton départ ». Telle fut sa première phrase...

Inutile de vous dire que la suite de l'entretien, après ma bévue de la poignée de mains, fut pour moi très difficile. Il ne dura fort heureusement qu'un quart d'heure. Pendant toutes ces longues minutes, je me suis dit que j'étais un nul et sans aucun avenir, impulsif et incapable de percevoir les situations, malgré l'ajout d'autres compliments de sa part sur mes supposées qualités relationnelles et sur mes compétences. J'appris plus tard qu'il ne pensait jamais tout ce qui était de la famille du compliment dont il m'avait agoni. Même son espoir de me voir rester le plus longtemps possible était faux.

asso

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