30 juin 2015

Harcèlement moral

La marge est grevée par une importante provision pour les « affaires courantes », entendez par là le règlement des cas critiques. Vous vous souvenez de la caisse du MEDEF visant à « fluidifier les relations sociales » ? Il s’agit en gros de la même chose, mais d’une autre manière. Ici point de syndicat pour jouer les intermédiaires, les relations sociales sont gérées directement avec les consultants en perte de vitesse ou qui n'atteindront jamais leurs objectifs individuels.

 

Les erreurs de casting, si vous préférez.

 

Le traitement de leur cas prend du temps. Beaucoup de temps. Tout est mis en oeuvre pour les pousser au départ avec les économies qui s'imposent ou payer « vite et bien, sans esclandre » tous les cas difficiles, voire franchement rebelles, avant qu’ils ne fassent trop de bruit.

 

Hitler est excellent dans le domaine de la fluidification des relations sociales. Sa technique est très simple : sanction financière à l’époque des bonus ou convocation de l’impétrant pour qu’il comprenne. Le consultant rejeté reçoit un discours « langue de bois » sur son avenir, qui s’annonce très bien dans la firme, vu qu’il va se pousser, mettre son pied dans des portes et être reconnu à sa juste valeur. Un jour, peut-être, mais pas chez YI&Y.

 

Son sort est en effet scellé. Hitler a déjà donné ses ordres. Cela se résume à un mot très simple : harcèlement moral. Ses supérieurs doivent pousser le consultant à bout ou à la faute. Lui balancer tous les sujets pourris, en dernière minute de préférence, sans informations précises, même des tâches subalternes alors qu’il est surqualifié. Et, à petit feu, l’user et le forcer à démissionner. Les techniques sont variables en fonction du zèle de certains (notre ami le chocoteux est pour cela très bon). Certains alternent périodes de placard (sans rien à faire) et de surcharge. Il paraît que ça peut marcher.

 

Comment prouver alors qu’il y a harcèlement moral ? C’est impossible.

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07 octobre 2014

La réunion de motivation - 3

Le cocktail qui suit laisse enfin place à la détente. hitler circule entre les consultants se bousculant pour quelques petits fours alors que le champagne coule à flots. Tout le monde se pousse pour lui laisser place et il en profite pour prendre des nouvelles des sujets chauds auprès des uns et des autres. Autant dire que s’il ne vient pas vous parler, c’est que vous êtes un blaireau qui ne traite aucun sujet important. Je me rappelle ma vaine heure de gloire quand il est venu me demander où en était une proposition commerciale. Comme un bon chienchien, je me suis mis à frétiller de la queue, fier de pouvoir me mettre en valeur.

Là, au milieu de tous ceux qui semblaient dominer le monde, je lui ai répondu que le chocoteux devait la relire et l’envoyer au client, mais que je n’avais pas de nouvelles. Il ne m’a pas laissé longtemps la possibilité de lui renifler de derrière et m’a aussitôt intimé l’ordre d’aller demander au chocoteux de se manier le derche pour éviter de laisser le client attendre indéfiniment la propale.

Sur ces mots il a tourné le dos sans aucune formule pour prendre congé et je suis reparti avec une délicate mission à accomplir.

Sympa le cocktail.

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18 février 2014

Le complot 3 - la confidence

Ils ont bien évidemment compris mon message et ont changé de stratégie. Se dévoilant un peu plus, ils  m'ont mis dans la confidence : tous deux voulaient la peau du chocoteux – ils ne m'en ont pas révélé la raison – et leur plan était très simple. Ils voulaient tenter de le faire "tomber" en lui laminant sa rentabilité d'une part, en empiétant sur ses plates-bandes d'autre part. Ce dernier point était plus difficile à réaliser car les clients étaient parfaitement distribués entre les associés. L'idée derrière tout cela était de démontrer que le directeur conspirateur était en réalité le seul capable de générer du chiffre d'affaires chez ce client.

La tactique consistait à exploiter toutes les failles du chocoteux. La principale étant très visible : sa peur panique déjà évoqué dans ces pages. Une autre faille qui devrait précipiter sa chute, selon mes conspirateurs, était sa propension à toujours faire plus de vent qu'à semer le bon grain. Et que je te joue au sympa, et que je passe des heures à disserter sur l'avantage du crossover sur le 4x4, sur la différence entre les différents chefs étoilés de province, et que je suis toujours à faire de la politique de bas étages, n'hésitant pas à me contredire dans mes actes pour rester en mesure de ménager la chèvre et le chou, le tout au détriment des pauvres consultants travaillant pour m’engraisser.

dossier

Bref, Monsieur réseautait, cherchait les missions chez les autres en vendant père, mère et les savoir-faire de tous ses consultants, Monsieur récoltait des missions et générait du chiffre d'affaires en se faisant mousser. Mes potentiels futurs complices n’ont pas tari d’éloges et d’arguments pour tenter de me rallier à leur cause.

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11 février 2014

Le complot - 2 - l'approche

Il s'est passé quelque chose d'encore plus fort, cette fois. A se demander jusqu'où peut conduire un système aussi pourri à la base. Certaines personnes, relativement haut gradées, ont commencé à me manipuler. Pour faire simple, j'ai remarqué qu'un directeur et un manager qui lui était inféodé ont commencé à m'approcher et à chercher à obtenir nombre d'informations de ma part concernant un associé auquel je suis rattaché : il est mon évaluateur et celui qui porte mon dossier dans la magnifique commission d'évaluation de fin d'année, le chocoteux.

Les deux énergumènes se sont ingéniés à déjeuner souvent avec moi, à provoquer des réunions dans lesquelles on parlait de tout sauf de la mission en clientèle qui nous réunit autour des mêmes dossiers et livrables. Ces messieurs ont tout d'abord passé leur temps à me demander mon avis sur le chocoteux. Un peu bavard et naïf, fier aussi d'être l'homme important de la situation, je parlais tant et plus, en rajoutais parfois de mes suppositions plus ou moins judicieuses. Eux, fins manoeuvriers, me demandaient incessament des faits, du concret pour étayer mes propos.

Ils sont passé à la deuxième étape en commençant à recueillir mon avis sur la personne et à me faire dire des méchancetés sur lui. J'ai fini par ne plus dormir, une nuit, me disant que s'il leur avait pris l'envie de m'enregistrer avec leurs téléphones à la mûre, cela était possible. Il en serait alors fait de moi en quelques heures s'ils décidaient de faire écouter mes propos à quiconque. J'ai fini par estimer qu'ils voulaient réellement me piéger et me suis alors bloqué, refusant poliment tous les déjeuners et recadrant chaque réunion sur l'ordre du jour qui était assigné. Le message était clair.

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