Comment motiver les troupes qui ressentent un ras-le-bol envahissant ? En organisant une plénière ! La plénière est une réunion qui se tient avec la totalité des effectifs. Et pour réunir plusieurs centaines de personnes, il faut sélectionner un site suffisamment grand et annoncer un programme alléchant, proposer un horaire qui satisfasse le plus grand nombre sans pénaliser le business de tous ceux qui sont en clientèle et enfin un orateur, meneur hors pair et proche de ses... objectifs – à défaut de troupes – j'ai nommé hitler.

En général le lieu est sympa, peut se trouver dans le bois de Boulogne, dans un grand hôtel parisien ou un peu plus au vert quand cela est possible. Le programme annoncé est toujours très simple : présentation des chiffres du semestre écoulé et des objectifs, suivi d'une séance de questions-réponses. Le principe est de ménager une légère surprise, sans l'annoncer pour ne pas rebuter les timorés.

Afin d'assurer un succès au niveau du taux de participation, la dictature a prévu les moyens : tous ceux qui ont refusé l'invitation se voient gratifier d'un premier appel téléphonique de la part d'une assistante pour en connaître les raisons. Normalement, tout le monde peut se libérer pour débuter à 17h30 tout en facturant la journée complète au client, le cocktail débutant vers 19h30. Pour ceux qui n'ont pas de raison valable, s'ensuit un appel d'un responsable hiérarchique. Si le consultant persiste dans l'impossibilité de s'y rendre, il est immanquablement catalogué et porte un lourd handicap pour les évaluations de fin d'année. Le truc que m'a refilé un ancien : toujours répondre oui à ce genre d'invitation, quitte à décider de ne pas s'y rendre au dernier moment, sachant qu'il n'y aura pas de pointage ! C'est incroyable la manière dont une décision influe à contre courant sur le comportement des gens.