La marge est grevée par une importante provision pour les « affaires courantes », entendez par là le règlement des cas critiques. Vous vous souvenez de la caisse du MEDEF visant à « fluidifier les relations sociales » ? Il s’agit en gros de la même chose, mais d’une autre manière. Ici point de syndicat pour jouer les intermédiaires, les relations sociales sont gérées directement avec les consultants en perte de vitesse ou qui n'atteindront jamais leurs objectifs individuels.

 

Les erreurs de casting, si vous préférez.

 

Le traitement de leur cas prend du temps. Beaucoup de temps. Tout est mis en oeuvre pour les pousser au départ avec les économies qui s'imposent ou payer « vite et bien, sans esclandre » tous les cas difficiles, voire franchement rebelles, avant qu’ils ne fassent trop de bruit.

 

Hitler est excellent dans le domaine de la fluidification des relations sociales. Sa technique est très simple : sanction financière à l’époque des bonus ou convocation de l’impétrant pour qu’il comprenne. Le consultant rejeté reçoit un discours « langue de bois » sur son avenir, qui s’annonce très bien dans la firme, vu qu’il va se pousser, mettre son pied dans des portes et être reconnu à sa juste valeur. Un jour, peut-être, mais pas chez YI&Y.

 

Son sort est en effet scellé. Hitler a déjà donné ses ordres. Cela se résume à un mot très simple : harcèlement moral. Ses supérieurs doivent pousser le consultant à bout ou à la faute. Lui balancer tous les sujets pourris, en dernière minute de préférence, sans informations précises, même des tâches subalternes alors qu’il est surqualifié. Et, à petit feu, l’user et le forcer à démissionner. Les techniques sont variables en fonction du zèle de certains (notre ami le chocoteux est pour cela très bon). Certains alternent périodes de placard (sans rien à faire) et de surcharge. Il paraît que ça peut marcher.

 

Comment prouver alors qu’il y a harcèlement moral ? C’est impossible.